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Rédigé par Barthélémy Courmont le 02 Juillet 2008 à 12:57

Par Barthélémy Courmont, chercheur à l'IRIS, en partenariat avec contre-feux.com. "It's the economy, stupid !", ou comment l'économie pourrait jouer, une fois de plus, un rôle majeur dans l'élection présidentielle américaine. Obama apparaît plus compétent que McCain en la matière, mais est-ce vraiment le cas ?

Barack Obama aux côtés de John Sweeney du syndicat AFL-CIO, 19 juin 2008, compte flickr de Barack Obama
Barack Obama aux côtés de John Sweeney du syndicat AFL-CIO, 19 juin 2008, compte flickr de Barack Obama
Penchons-nous donc sur les divergences entre les deux candidats sur ce thème, et sur l'avantage dont semble bénéficier le camp démocrate. Malgré son jeune âge, Barack Obama fait ainsi figure de candidat de l'économie dans cette campagne, et même les milieux financiers semblent plus réceptifs à sa candidature qu'à celle de John McCain, qui ne cache pas ses carences sur ce terrain, mais ne s'avoue cependant pas vaincu.

Un programme de réformes dans le domaine économique et social
Le programme de Barack Obama est essentiellement tourné vers les réformes économiques et sociales : favoriser l'accès aux soins médicaux aux plus démunis, garantir une assurance maladie au plus grand nombre, une opposition aux baisses d'impôts initiée par l'administration Bush, et qui à son avis n'aurait été bénéfique qu'aux Américains les plus riches, augmenter le salaire minimum, ou aider les petites entreprises en diminuant les impôts sur les sociétés employant un seul salarié. En réponse à la crise des Subprime, Obama souhaite améliorer les conditions de l'accès au logement pour les revenus les plus modestes en créant un fond public. Il souhaite par ailleurs développer le crédit d'impôt sur le revenu pour les plus bas salaires et le crédit d'impôt pour familles nombreuses. Des propositions qui font mouche dans un contexte de morosité, et lui ont permis de s'imposer face à Hillary Clinton.

Une candidature portée par la vague du changement ?
Le changement est le mot d'ordre de cette élection, tant chez les Démocrates, soucieux de refermer la parenthèse de huit années de gestion républicaine, que chez le candidat républicain, qui souhaite se démarquer de l'administration sortante pour éviter de faire les frais de son impopularité. Sur cette question, Obama dispose d'un avantage de poids sur McCain, celui d'avoir été le premier à imposer le thème du changement dans ses slogans de campagne. Il est même devenu, grâce aux Primaires démocrates, le symbole de ce changement, tandis que ses adversaires politiques tentaient de lui emboîter le pas. Contraint de s'adapter, McCain fait également du changement l'un de ses thèmes de campagne, mais avec moins de succès.
Par ailleurs, et c'est un détail important, Obama est apparu à l'occasion des Primaires démocrates comme le candidat des classes moyennes, voire supérieures, tandis qu'Hillary Clinton bénéficiait d'un soutien plus important chez les ouvriers et les plus démunis. A l'inverse de la plupart des démocrates, il n'apparaît donc pas comme un candidat privilégiant exclusivement les plus démunis, et ne s'aliène pas ainsi le soutien des chefs d'entreprises et des milieux financiers.

Quand l'économie va mal, les Démocrates ont l'avantage…
Ce pourrait presque être un adage outre-Atlantique. Lors des scrutins récents, quand les indicateurs économiques étaient au rouge, les Démocrates bénéficièrent d'un avantage souvent décisif. On pense à la première élection de Bill Clinton en 1992, et plus récemment aux élections mi-mandat de novembre 2006. L'économie étant actuellement fragile aux Etats-Unis, les Démocrates bénéficient d'un terrain favorable, là où le scrutin de 2004 portait plus sur la sécurité, thème cher aux Républicains.

Dans ce contexte, Barack Obama a tout intérêt à poursuivre sa campagne active sur le terrain de l'économie, en fustigeant le bilan des deux administrations républicaines (et pas uniquement du président Bush). Et le soutien des anciens membres de l'équipe de campagne d'Hillary Clinton, s'il lui permet de combler son retard en matière de politique étrangère (avec des figures comme Madeleine Albright, William Perry, ou même Hillary Clinton), gonfle également son profil de candidat de l'économie. On pense notamment à Bill Clinton, qui lui apporte désormais un soutien sans faille. Plus qu'un candidat démocrate, c'est donc tout le parti de l'âne qui semble se présenter en ordre serré dans cette campagne, avec des arguments de poids pour mobiliser l'électorat, et séduire les indépendants mécontents du bilan économique des Républicains.

John McCain cherche à combler son déficit
John McCain a compris que sa candidature souffre la comparaison avec celle d'Obama sur le terrain de l'économie, au point de lui être fatal s'il ne parvient pas à combler son retard. Même au sein du parti républicain, des voix s'élèvent pour critiquer son manque d'expérience sur ce terrain. Conscient de ce handicap, il a choisi pour conseillère l'ancien PDG de Hewlett-Packard Carly Fiorina, qui fait de son mieux pour lui donner des gages de compétence en économie, et attaquer de front Obama, notamment en l'accusant de se laisser aller à des propositions qu'il ne pourra transformer en réformes. John McCain pourrait également tenter d'axer son programme politique autour des questions de politique étrangère et de sécurité, où il a priori plus à l'aise que son adversaire. Mais cela n'est pas sans risque, et ne fonctionnera que si les électeurs y sont réceptifs.

En partenariat avec contre-feux.com




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