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Le fait marquant

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Rédigé par Marjorie Paillon le 05 Septembre 2008 à 09:57

John McCain s'est posé en rassembleur hier lors de son discours d'investiture à la convention de Minneapolis. Un discours de près d'une heure où le candidat républicain a abordé son passé de prisonnier de guerre, son projet pour l'Amérique et les questions d'économie. Un sujet sur lequel il n'a pas tellement coutume de s'exprimer et qui manquait aux débats de cette convention. John McCain a voulu rassurer les électeurs indépendants. Mais a-t-il réussi son numéro d'équilibriste entre conservatisme et opposition aux années Bush ?

News Hour, licence CC, Flickr
News Hour, licence CC, Flickr
La mission de John McCain n'était pas facile. Après avoir donné des gages de bonne foi à la base conservatrice du Parti républicain, en choisissant comme colistière la passionaria anti-avortement et "pitbull" de campagne autoproclamée Sarah Palin, il devait rassurer les électeurs indépendants, ceux qui lui ont fait confiance jusqu'à présent.

Premier écueil à éviter, évoquer le bilan de l'administration Bush. Le nom de George W. Bush n'a pas été prononcé une seule fois. Sarah Palin avait opté pour la même omission volontaire mercredi soir. Autre passage obligé : redorer son blason de "maverick". John McCain s'est employé à rappeler ses passes d'armes à Washington, son travail sur les lois bipartisanes au Sénat, sa lutte contre les lobbies et les dépenses incontrôlées de l'Etat.

Les Républicains n'avaient pas encore abordé la question de l'économie depuis le début de cette convention, à tort. Barack Obama et Joe Biden le leur ont reproché hier. McCain a eu à cœur de leur répondre, à sa manière. Le sénateur de l'Arizona a donc parlé d'économie, mais à l'aide d'exemples très concrets. "Je me bats pour Bill et Sue Nebe de Farmington Hills, dans le Michigan, qui ont perdu leurs investissements immobiliers à cause du mauvais état du marché. Bill a pu trouver un petit boulot après sept mois de chômage. Sue a trois emplois en même temps pour pouvoir joindre les deux bouts."

Les thèmes de prédilections de John McCain étaient bien sûr présents dans son discours d'investiture. L'environnement tout d'abord, le seul véritable dossier sur lequel il a su imposer son agenda au camp démocrate. Il défend donc son "Lexington Project", programme de réduction de la dépendance énergétique et pétrolière des Etats-Unis par le développement d'énergies alternatives et la mesure plus controversée de forages pétroliers sur les côtes américaines. "Nous allons arrêter de dépenser 700 milliards de dollars dans des pays qui ne nous aiment pas beaucoup. Nous allons attaquer ce problème sur tous les fronts. Nous allons produire plus d'énergie chez nous. Nous allons relancer les forages pétroliers, ici et maintenant. Nous allons construire plus de centrales nucléaires. Nous développerons une technologie du charbon propre. Nous allons augmenter l'utilisation du vent, du soleil et du gaz naturel. Nous encouragerons au développement et à l'utilisation d'essence hybride et de voitures électriques."

Sur les questions internationales, McCain passe à l'offensive. "Nous devons faire face à de nombreuses menaces dans ce monde dangereux, mais je n'en ai pas peur. Je suis préparé à y faire face. Je sais comment les questions militaires fonctionnent, ce qu'on peut y améliorer, ce qu'on ne devrait pas faire. Je sais comment marche le monde. Je sais y reconnaitre le bien du mal. Je sais comment travailler avec les leaders qui partagent notre rêves d'un monde plus libre, plus sûr, plus prospère, et comment m'élever contre ceux qui ne le partagent pas."

John McCain a bien entendu rappelé son long séjour en captivité au Vietnam, mais il a compris que l'enjeu de chaque élection était le changement. Il reprend donc la formule qui a fait la popularité de Barack Obama et exhorte les Américains à se battre avec lui et pour leur pays.

Retrouvez le texte intégral du discours d'investiture de John McCain ici.




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